Tsuda Nao 津田直, Chikazuku
近づく [S’approcher], Tôkyô, Akaakasha 赤々舎, hiromi
yoshii, 2009
17,4 x 11 cm,
200 pages
Chikazuku [S'approcher] de Tsuda Nao 津田直 (né
en 1976) est la seconde version, augmentée, d’un précédent ouvrage publié en
2005 par la galerie hiromi yoshiii à Tôkyô. Il s’agit d’une publication de
petit format (correspondant environ à celui d’un roman de poche français), qui rassemble
une série de clichés pris sur une période s’étalant sur un peu plus d’une
année, de février 2002 à mai 2003. Le livre s’ouvre sur quinze doubles pages en
couleur, imprimées sur un papier brillant, chaque page ne contenant qu’une
seule image. Les deux images mises en regard sont prises à quelques instants
d’intervalle, avec un léger décalage dans le temps et dans l’espace, donnant ainsi
l’impression d’avoir affaire à des vues stéréoscopiques.


Le livre se
poursuit ensuite par un peu moins d’une centaine de doubles pages, imprimées
cette fois en noir et blanc et sur du papier mat. Les images fonctionnent
encore parfois par deux, mais le blanc de la page se fait de plus en plus
important : soit parce qu’une seule image est imprimée en regard d’une
page blanche, soit parce que les images se font de plus en plus petites sur la
surface de la page.
Toutes les
images publiées en couleur sont publiées une nouvelle fois en noir et blanc,
accompagnées de nombreuses autres. Toutes représentent le même type de
paysages : des montagnes cachées dans les nuages, des sols enneigées, des
rivières dans la brume, etc. Rien de spectaculaire, bien au contraire. Tout est
dissimulé, discret, cette sensation étant encore accentuée par le petit format
des images et la mise en noir et blanc qui diminue le nombre d’informations
visuelles.


Dans les textes publiés en fin d'ouvrage, Tsuda insiste sur la question de lenteur, les paysages qu’il
photographie ne se laissant apprivoiser qu’avec le temps. C’est ce qu’il
sous-entend avec le titre du livre, « S’approcher », qui désigne ses
propres mouvements pour venir plus près des lieux, mais qui représente en même
temps les mouvements du lecteur, forcé de s’approcher des pages pour mieux en
saisir certains détails. Plus qu’un ouvrage contemplatif sur le paysage comme
c’est souvent le cas avec certains livres de photographies grand format et en couleur, Tsuda signe
ici un livre beaucoup plus modeste, plus poétique aussi, misant beaucoup sur le
blanc du papier, ainsi que sur la pratique intime et individuelle de la
lecture.
Pour en savoir
plus :
Katagiri Atsunobu 片桐功敦, « Tsuda Nao wo tsukutta 10 satsu » 津田直をつくった10冊 [Les dix livres qui ont fait de Tsuda Nao ce qu’il est], entretien avec Tsuda
Nao, Bijutsu techô 美術手帖, vol. 61, n° 917, janvier 2009, p. 18-33